Quand on prépare un voyage à Tenerife, la même question revient presque toujours : nord ou sud ? Réellement je pense que c’est la question que je reçois le plus sur les réseaux sociaux. Et la réponse n’est pas si facile car ça dépend surtout de vos envies.
Moi, je vis dans le nord de l’île, et j’ai envie de vous dire pourquoi ce serait dommage de s’arrêter au sud (sans vouloir fâcher Costa Adeje, hein). Dans cet article, je vous liste les bonnes raisons de visiter le nord de Tenerife. Pour la partie pratique, je vous glisserai les liens vers mes guides de la section Tenerife tout au long de l’article.
Un petit mot sur ce que j’appelle « le Nord » : c’est tout ce qui s’étire de l’Anaga, au nord-est, jusqu’au massif de Teno, au nord-ouest, en passant par les vallées de La Orotava et d’Icod.
1. Parce que c’est plus naturel, plus sauvage
Le nord de Tenerife, c’est moins d’hôtels, moins de béton, beaucoup plus de vert : des ravins qui plongent dans l’océan, des falaises, des villages accrochés à la pente et des routes qui serpentent entre les bananiers et les vignes.
Deux massifs concentrent cette ambiance sauvage. Au nord-est, Anaga, classé réserve de biosphère par l’UNESCO en 2015, abrite une forêt de laurisilve, une forêt de brume héritée de l’ère tertiaire (oui, on parle de millions d’années). Au nord-ouest, le Parc Rural de Teno avec ses falaises jusqu’à la pointe de Teno et son phare.


Attention, « sauvage » ne veut pas dire « désert » : Masca ou Anaga se remplissent vite en journée.
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2. Parce que la météo est capricieuse (et c’est très bien comme ça)
Je ne vais pas vous mentir : dans le nord, il y a des jours de nuages. Beaucoup, même, selon la saison. Les alizés viennent buter contre les pentes nord de l’île et forment ce que les locaux appellent la panza de burro, littéralement « le ventre d’âne » : une couche de nuages gris qui s’accroche aux montagnes, entre 500 et 1 500 mètres environ.
Mais c’est précisément ce qui rend le nord si vert. Pas de nuages, pas d’humidité, pas de laurisilve ni de jardins tout jolis. Et c’est aussi ça, voyager sur une île volcanique : en quelques kilomètres et quelques centaines de mètres de dénivelé, on change de climat. Il peut faire gris à Puerto de la Cruz et radieux au-dessus de la mer de nuages.
Gardez de la souplesse dans votre programme. Un jour brumeux, on file au-dessus des nuages ou de l’autre côté de l’île. Un jour de grand soleil, on fonce à la plage !
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3. Parce que le nord-est et le nord-ouest n’ont rien à voir
On parle du « nord » mais ici aussi les ambiances sont différentes. Anaga au nord-est et Teno au nord-ouest figurent parmi les plus vieux massifs de l’îl et ils n’ont pas du tout le même caractère.
Entre les deux, la vallée de La Orotava et Puerto de la Cruz font la jonction. Mon conseil ? Ne choisissez pas, faites les deux !

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4. Parce que c’est le paradis des randonneurs
Si vous aimez marcher, le nord est un terrain de jeu immense.
Quelques idées pour vous mettre l’eau à la bouche :
- Le Bosque de los Enigmas (Anaga) : une boucle d’environ 5 km dans la laurisilve, souvent noyée dans la brume. C’est la rando que je montre à ceux qui viennent nous rendre visite.
- Benijo – El Draguillo (Anaga) : une boucle d’environ 6 km sur la côte sauvage, face aux Roques de Anaga, au départ d’une plage de sable noir.
- Le Chinyero (nord-ouest) : le tour du dernier volcan entré en éruption à Tenerife, en 1909, sur une boucle d’environ 6 km.
- Le Sendero 040, le défi absolu : il part de la plage d’El Socorro, au niveau de la mer, pour grimper jusqu’au Teide. Près de 54 km aller-retour. Je ne l’ai pas fait (mon compagnon oui, et il s’en souvient très bien 😄).

Les traces, les durées et mes conseils sont dans mon guide complet.
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5. Parce que les plages de sable noir sont à tomber
Dans le nord, la mer a une autre couleur et le sable aussi : noir, volcanique. Ce sont des plages moins « cocktail à la main » et plus brutes, et c’est exactement ce qui leur donne leur charme.
- Playa Jardín (Puerto de la Cruz) : la plus accessible, avec sa promenade, ses terrasses et un grand parking gratuit à quelques minutes à pied.
- El Bollullo (La Orotava) : une crique entre falaise et bananeraies, qui se mérite par un petit chemin.
- El Socorro (Los Realejos) : une grande plage noire, prisée des surfeurs.
- Benijo et Almáciga (Anaga) : les plus sauvages, en bout de route, face aux Roques de Anaga.

Petit rappel de bon sens : ce sont des plages océaniques, avec des vagues et des courants parfois costauds. On regarde les drapeaux avant de se baigner !
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6. Parce que ce sont les plus jolis villages, et les plus chargés d’histoire
Les plus beaux villages de Tenerife sont au nord, et ce n’est pas qu’une affaire de jolies façades. Ce sont aussi les plus chargés d’histoire : la première capitale de l’île, le grand port d’autrefois, les demeures des riches marchands et propriétaires terriens, …
- La Laguna : première capitale de Tenerife, au centre colonial classé à l’UNESCO. Si vous ne devez visiter qu’une seule ville historique, c’est celle-ci.
- La Orotava : maisons aux balcons de bois sculpté, jardins en terrasses et, chaque année à la Fête-Dieu, des tapis éphémères de pétales et de sables du Teide qui couvrent les rues.
- Garachico : autrefois le principal port de l’île, jusqu’à l’éruption de 1706 qui en a enseveli une grande partie sous la lave. Ses piscines naturelles sont nées de cette lave.
- Icod de los Vinos : son dragonnier millénaire, sa grotte volcanique et ses ruelles tranquilles.
- Masca : un village d’une petite centaine d’habitants, niché entre les montagnes, avec ses légendes de pirates.
- Taganana : au creux d’Anaga, l’un des plus anciens villages de l’île.



7. Parce que les guachinches (et le vin qui va avec) sont une institution
On termine par mon argument préféré, parce qu’il se déguste. Les guachinches sont une spécialité du nord de Tenerife : à l’origine, un viticulteur ouvre sa cave ou sa maison pour écouler le vin de sa récolte, et sert quelques plats faits maison pour l’accompagner. Pas de carte à rallonge, pas de déco, et des prix doux.
Au menu, la cuisine de famille : papas arrugadas et mojo, carne fiesta (du porc mariné), pois chiches, fromage de chèvre grillé… et surtout le vin du patron, servi au pichet.

Côté vin, le nord est d’ailleurs chez lui : trois des appellations de l’île s’y trouvent. Tacoronte-Acentejo, première appellation des Canaries (1992), au nord-est ; la vallée de La Orotava ; et Ycoden-Daute-Isora, au nord-ouest. Une journée entre bodegas et guachinches, c’est le programme parfait quand la brume s’invite 🍷
Deux petits conseils : les guachinches ferment dès que le vin est écoulé (vérifiez toujours sur Google avant de vous déplacer), et le mot est devenu tendance, donc tous ne se valent pas. C’est pour ça que je vous ai préparé ma sélection : Mes guachinches préférés de Tenerife
Alors, nord ou sud ?
Un peu des deux, évidemment ! Le sud a son soleil et ses plages dorées, et je ne les boude pas. Mais si vous voulez voir une autre facette de l’île, plus verte, plus brute et plus authentique, le nord a, selon moi, une âme que le sud n’a pas. Même avec un ciel un peu gris de temps en temps.
